La Belle de Cadix…

On 1 août 2012 by Louis

Bah elle n’a pas que des yeux de velours…

De retour de Puerto Sherry, Andalousie, où se déroulait la première étape du Championnat 2012 des Quinze Mètre de Jauge Internationale. La première confrontation officielle de l ‘année entre les quatre mastodontes d’un autre temps, Tuiga, The Lady Anne, Hispania et Mariska, survivants d’une époque où les grands de ce monde se faisaient faire des joujoux pas piqués des hannetons pour aller régler leurs différents stratégiques et politiques sur l’eau… Au programme, quatre manches, deux bananes, deux côtiers, pas de discard.

A bord de Mariska, nous arrivons le couteau dans les dents (souvenez-vous de cette petite vidéo). Outre les voiles neuves (la nouvelle grand-voile ne sera livrée que deux jours avant le premier jour de course !), la ferme envie de montrer aux petits copains de quel bois nous nous chauffons l’hiver, est là, et tout le monde met la main à la pâte pour que le bateau soit dans la meilleure configuration possible pour attaquer ce championnat. L’équipage, composé des habituels, est renforcé pour l’occasion par le plus que compétent Jean-Michel Rouve (vous savez, un petit gars qui fait des ficelles, aussi : www.trabajosencabos.com).

Bon. La veille de la première course, nous sommes rassurés sur : la vitesse du bateau au près, la coordination à bord, la motivation, ainsi que sur la qualité des réceptions Andalouses. Première manche prévue à 13h00 le lendemain, sommes chauds comme des baraques à frites, ça va chier.

Pour chier, ça a chié, et on va faire vite.

Je ne vous cache pas que l’on ne va pas s’étendre sur nos résultats : 3èmes sur 4. C’est décevant, très décevant. Alors oui, il y avait du niveau, d’ailleurs entre cette année et l’an passé, il est monté d’un gros cran. Oui, on ne connaissait pas le plan d’eau, et oui, nous arrivions avec une étiquette collée aux fesses du genre « bateau à abattre », mais force est de constater que sur ces gros canotes, de surcroit sur ce championnat, le frein, c’est comme sur les bobsleighs, c’est à l’arrière. Pas un seul bon départ, une tactique très approximative sur la manche où il ne faut pas se craquer (vous savez, c’est toujours la troisième, celle où l’on est à égalité de points avec le premier…), des remises en causes « plus pour la forme que dans le fond »… The Lady Anne, dans sa régularité, gagne de fort belle manière, Tuiga qui claque magnifiquement les deux dernières manches fait 2, Mariska 3, Hispania 4. Voilà pour les résultats finaux.

Dans l’histoire d’un beau bateau et de son équipage, il y a des hauts, des bas. C’est comme ça. Là, on est au fond, sportivement, j’entends. Alors s ‘étendre ici sur les raisons de cette contre performance, et la manière dont nous allons ensemble remonter le gouffre, pas notre genre. Profitez donc de cette liste non exhaustive des points positifs qui auraient du permettre aux véreux de l’arrière (dont je fais plus que partie) de tourner autour de la flotte. Pour le reste, on se le garde, c’est nous que ça regarde.

-       La cohésion. En 25 ans de bateau à voile de compétition, j’ai rarement vu un équipage aussi uni. Faire prendre deux départs plus que pourris à vingt gars qui bossent pour vous, et donner une leçon de vitesse et de manœuvre au reste du monde pendant 2h30, sans rien lâcher une minute, en continuant à faire confiance à la cellule arrière qui vous a mis dedans : Priceless…

-       L’opportunisme : Faire 95% d’une course derjos, en regardant croiser les copains devant, avec pour seul but de manœuvrer et de régler juste pour permettre à l’équipe d’être en position d’attaquer si par miracle l’occasion se présente : Priceless (Pour la petite histoire, elle se présentera, nous ferons 2nd au lieu de derniers… All crédit to crew work !).

-       Nos nouvelles voiles : Je n’ai pas vraiment l’habitude de passer de la crème, mais là, je dois dire que nous avons été particulièrement gâté par la maestria du bon Guido Cavalazi, de chez North Sails, la marque au rond bleu. Au delà de sa gentillesse, Guido, c’est un peu le Tom Schnackenberg de la voilerie, le genre de mec qui est passé par tous les projets gagnants à tous niveaux (surtout sur la Coupe, en fait…), alors forcément, quand il décide de se mêler des caisses en bois d’arbre, bah ça dépote… Un A2, bien runner à souhait, qui nous permet de naviguer aussi vite que les copains, mais 10° plus bas, une volée de voiles d’avant avec un creux là où il faut, ni trop, ni pas assez… Quant à la nouvelle grand’voile… Belllaaaaa !

-       La préparation du fier destrier : Une équipe de base qui ne fait pas les choses à moitié. Quand on (je) dit « on vide le canote », bah ils vident le canote, et j’aime autant vous dire que dans ces vieilles dames, y’en a une volée de trucs inutiles qui plombent la machine. Merci Lolo, Ben, Baptimse et Nat, c’était top.

-       Le Jamon Iberico 5J (Jabugo) : Les yeux de velours de la Belle de Cadix, perso, je m’en fous quand on a la chance de pouvoir déguster des tonnes de ce Jamon Ibérico de qualité tous les soirs aux cocktails de l’organisation… Nos valoches pesaient le double au retour…

-       Le partage et les copains : Alors là… Y’a comme qui dirait un « dossier »… Autant sur l’eau on est pas très copains, autant dès qu’on met un pied à terre, il doit se passer un truc, je sais pas… L’équipage de Tuiga, auteur de deux magnifiques manches sur l’eau. La dernière soirée fut énorme. Pas en terme de beuverie (quoi que…), non, surtout en terme d’échange et de partage. Des chansons de marins, avec Marie & Antoine aux commandes, les airs locaux modernisés de la petite Natalia (la chanteuse du resto!) qui se transforment en Bob ou en Sting sous la pression des deux « tripulaciones », et enfin le groupe de flamenco du bistrot d’a côté, attiré par l’ambiance qui vient faire profiter, pour quelques rasades de Gin, d’un spectacle privé à couper le souffle aux suisso-franco-monégasques échaudés… Une énorme pensée au passage pour le bon Thibal qui se pète sérieusement le bras le matin du troisième jour, en allant sur zone…

-       La qualité des images du bon Sébastien Detroyat. Non seulement il envoie du steak à bord, mais ce gars là n’est jamais bien loin de son boitier. Toutes les photos de cet article sont de lui! Soyez patients, il fait aussi de la vidéo, et il n’est pas impossible que vous y ayez encore le droit ici sous peu ! VOICI ce dont il a déjà été capable à bord, régalez-vous !

-       Le dur métier que l’on fait : Ici, chez Gréement Courant, nous gardons bien en tête que nous avons une chance de dingue de faire ce métier. C’est bien joli de se plaindre d’un résultat décevant, mais combien rêvent ne serait-ce que d’une simple petite sortie sur ce type de bateau ? Alors en vous racontant ces régates et ces images, on espère que vous en profitez, un peu comme si vous y étiez…

-       …

Dans un autre registre, le top 3 des petites phrases de la semaine…

-« Elle est de quelle couleur, la cardinale Nord qu’on doit aller chercher ? »

- (Silence…)

-« Noire et Jaune, Edouard, comme les abeilles »…

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-« Alors si j’ai bien compris, la bouée de dégagement, elle est sous la ligne de départ, c’est ça ? »

- (Silence…)

-« Ah non Edouard, sous la ligne de départ, y’ a la digue, quand même »…

 ——————-

-« Bêêêê, fait le mouton !

-  Croa, croa fait la grenouille… »

-« Mais qu’est-ce que vous avez tous à faire les animaux de la Jungle ???? »

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Pour le plaisir, comme si vous y étiez :

En régate à bord d’une pelle à feu de 104 ans. Merci Marie pour ces images, heureusement que je ne savais pas que tu filmais ;-)

C’est à la fin de la foire…

C’est dit. Ce championnat de 15 Mètres, et ben il se joue en trois courses. Cadix, ça, c’est fait, Impéria, en Septembre, et les Voiles de Saint Tropez. Dans un mois, c’est la Vela Classica Menorca, à Mahon. Nous courrons en handicap CIM pour l’occasion. C’est là que nous devrons valider nos choix pour être les meilleurs en fin de saison. C’est sur que pour commencer, nous aurions pu rêver mieux, mais je ne doute pas une seule seconde que l’on ne fera pas la vie simple à nos camarades de jeux. C’est dans l’adversité que l’on devient une grande équipe. Dont acte. Soyez prêts, les copains, parce qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un animal blessé…

D’ici là, soyez prudents, mais pas trop…

L.

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