Divers & Varié #2: La Vraie Bonne Semaine « Cofiroute » du Gréeur…

On 16 février 2013 by Louis

Parce qu’un peu d’actu de chez nous, vous en rêviez…

C’est comme ça, c’est le job qui veut ça… Pré-saison oblige. La vraie semaine de VRP à l’ancienne, comme dans les livres, façon Jean-Claude Convenant. Le tout-nouveau-tout-beau camion-atelier est livré, mais chez le carrossier, en déco et aménagement intérieur, c’est donc en voiture que nous attaquons cette petite ballade hivernale. Pour ceux qui ne nous auraient pas suivi sur FB (paske ça y est, on commence à comprendre comment ça fonctionne, Facebook), voici ce que ça donne : 3440 km en une semaine, de Morges à La Trinité, au Grau-du-Roi en passant par Marseille, la Seyne, Le Lavandou, pour finir en beauté à Monaco, avant de rentrer sous des icebergs de neige dans nos pénates, au Pays des vaches Mauves… Ça, pour voir du pays, on ne se sera pas loupés…

 Ça part de là, Morges => La Trinité, 980km :

La Trinité-sur-Mer. Un petit challenge de printemps bien comme on les aime : 25knts de nord le samedi, ça pique, et un joli côtier « paye ta visite de la baie de Quiberon » le dimanche, comme si on ne la connaissait pas… Spineck, le Grand Soleil 39R est toujours aussi volage dans la brise, surtout quand on décide « d’essayer » notre bon gros spi runner à 70° de l’apparent sur les parcours « trapèze » du bon Gillou. Ça, c’est fait. Codiam impérial,  avec le retour de Fred Baratay à bord, les ténors seront à poste au Spi Ouest.

 La Trin’ => Le Lavandou – Saint Tropez, 1280km :

Après quelques déconvenues avec les hommes en bleu sur l’autoroute, découverte du pittoresque hôtel Ibis d’Hyères pour quelques heures (si, si, celui qui jouxte la 2×2 voies…). Remise en place des filières textiles et quelques surgaines sur le GP 42’ Team Vision Future (qui claque sans autre les deux premières manches du Festival Armen, tiens, dans la foulée…), prise de cotes sur Mariska en vue d’attaquer une énoooorme saison, et nous voici repartis pour Montpellier ou heureusement le bon Murmure  nous reçoit de fort belle manière et nous a préparé… une raclette, donc. Mais Castriote, la raclette (de Castries, pour les incultes). Grosso-modo la même que chez nous, mais là bas, on l’arrose de Pic Saint Loup. Pas le temps donc de chômer ce lundi, d’autant que nous attaquons tôt le lendemain. Direction Port Camargue,Ettore Yachting

C’était calé de longue date, une idée du copain Fredo, qui a longtemps écumé les plages avant de TP52’ avec moi : Petite formation au matelotage de base afin de permettre à la Société bien implantée au Grau du Roi de diversifier ses offres. Ça se passe plus que bien. Bill attaque les démos sur le polyester, ma pomme sur le technique, et globalement, nos quatre « élèves » hyper attentifs se font quelques cales sur les mains et profitent de notre expérience dans une ambiance relax, mais bien studieuse.

 Port Camargue => Marseille, et enfin Monaco…..

Fin de la formation, merci à Philippe et U-Boot Fredo qui ne nous laissent pas repartir sans quelques caisses de crus locaux (sans avoir l’air d’insister, le Pic Saint Loup, c’est quand même pas mal !), direction Marseille pour une prise de cotes et contrôle de gréement sur un Swan 601. Quelques drisses & estropes à refaire, plan de pont à modifier, conseils avisés, bref, notre métier, quoi. Douce nuit au Kyriad « Luxe » de La Seyne, étude d’optimisation du Swan 42 TixWave au petit matin du jeudi, avant la récompense de la semaine : Ze Primo Cup en IRC à Monaco, à bord d’Eleuthéra, la jolie slap-machine désormais tout de blanc vêtue… Pour le coup, c’est Philippe, piano à bord et talentueux scribe de l’équipe, qui nous résume cette belle victoire que nous sommes allés chercher en Principauté: C’est toujours ça que les Anglais n’auront pas.

Checkmate échec et mat pour 4 secondes !

 Eole était parti skier Dimanche et les résultats définitifs ont donc été donnés par les points acquis après les deux premières journées de régate. Notre victoire dans la dernière manche de samedi nous donne ainsi la victoire sur notre concurrent anglais bien qu’il ait le même nombre de points que nous : c’est un peu comme au football le match joué en extérieur vaut un peu plus à égalité de points. Or sur cette dernière manche, nous ne gagnons que de quatre secondes devant lui en temps compensé, même pas une demi-longueur de bateaux après 20 miles de course !

De la chance ? Peut-être mais pas si sûr…

Alors pour une fois, essayons d’expliquer ce qui a marché.

Tout d’abord le bateau et ses voiles Ullman: depuis un an que nous l’avons, il ne nous a jamais trahis et cette fois-ci, en faisant les bons choix de voile au bon moment, nous avons certainement optimisé ce capital. Ensuite, l’équipage sur lequel il faut revenir en détail.

Commençons par la cellule arrière : certes nous n’avons pas été surpris du coup de barre de Marc Pajot, qui, de sa médaille olympique à la victoire dans la Route du Rhum et à ses campagnes dans la coupe de l’America a un palmarès qui parle pour lui. Mais quand même, de visu, c’est autre chose …

La grosse surprise pour moi vint de sa fille qu je ne connaissais pas, Eve, qui à la tactique a fait des miracles dans des conditions incroyablement complexes. Ce fut une véritable leçon de voile de voir leur complicité entre barreur et tacticien, leur niveau de concentration, la continuité de leurs échanges, leur capacité d’adaptation immédiate à l’évolution d’une situation et la clarté de leurs décisions : Vous voyez sur les barres de flèche souvent ce cylindre blanc sur lequel est marqué en général Furuno ? C’est un radar. Hé bien nous, nous avions 2 radars au raz de l’eau qui scannaient en permanence à 360° tout ce qui se passait : J’avoue avoir été bluffé par la lecture du plan d’eau, leur capacité à anticiper d’où venait le vent et à quelle force, guidant les régleurs de voiles avec une maestria exceptionnelle. Claude à la grand-voile, Bill au génois et Yann au spi n’ont pas été en reste et ont appuyé sur la pédale avec la même attention, un grand talent et une furieuse énergie. Au milieu, France, Zoé Pajot, Hugues, Hervé et moi avons tout fait pour essayer de suivre le rythme pour que les manœuvres se passent au mieux. Le chef d’orchestre qui occupait la plage avant est l’inénarrable Louis qui assisté de Patrick et Julien au mat, nous a guidé avec le talent que nous lui connaissons.

Outre les contributions de chacun, Marc et Louis, à force de briefings et débriefings, ont réussi à souder un équipage composite qui a pu donner le meilleur de lui-même dans une excellente ambiance, courtoise, sans éclats de voix et sans trop de bruits parasites à bord. Il faut bien comprendre que la communication dans un équipage est un paramètre extrêmement important, tant pour la coordination des manœuvres que pour le moral des troupes. Alors il faut dire les choses utiles, éviter les informations redondantes ou inutiles et ne pas se raconter ses vacances sur le rail.

Tout n’a pas été simple et la victoire permet de minimiser les défauts. Masi soyons honnêtes, nous avons encore la possibilité de progresser. Ce qui m’a beaucoup surpris fut notre capacité collective à ne jamais baisser pavillon quand nous étions dans une mauvaise position et de toujours trouver les ressources pour nous en sortir, revenir et passer devant.

 Quant à la Primo Cup, si elle a un peu souffert de la concomitance d’une autre course à Saint-Tropez pour la classe IRC, nous avons été séduits sans restriction. Tout d’abord la Côte d’Azur hors saison est vraiment formidable et la ville de Monaco aussi agréable qu’originale. L’accueil du Yacht Club de Monaco et de ses équipes, sur l’eau mais surtout au bar(!), a tout simplement été aussi sympathique que professionnelle. Quant au plan d’eau, il est tordu et hors normes ce qui lui donne un caractère tout à fait original et particulièrement attirant… Surtout quand on gagne !

A tous ceux d’entre vous qui ne l’ont jamais faite, précipitez-vous en 2014 : nouveaux bateaux, ils seront bien accueillis et cocoonés dans le port.

 Tout ce ceci ne serait pas arrivé sans l’idée originale de Louis et ses amitiés grâce auxquelles on a pu combiner l’affaire en un temps record. Comme disait Hannibal Smith : « J’aime bien qu’un plan se déroule sans accroc ». Rendez-vous dans un mois à la Massilia !

N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site du canote: C’est bien tenu et bien écrit, et vous saurez où cette machine de guerre ira donner des claques tout au long de la saison. Ça se passe ici: www.yachteleuthera.fr

Bon, tout ça pour dire qu’on est bien contents de notre semaine, nous remontons avec un carnet de commande blindé, l’impression que nous aurons le temps de tout faire, et une jolie victoire dans l’escarcelle… De bonne augure pour cette saison qui s’annonce d’ores et déjà pleine de changements, mais je ne vous en dis pas plus, en tous cas pas tout de suite, parce que du nouveau (et du gros!), il va y en avoir…

Pour vous faire patienter, impossible d’y résister: En avant première, la déco du nouveau Rigging Van… Si vous êtes forts, là encore, vous reconnaitrez les auteurs des images, mais ça aussi, ça fera l’objet d’un petit papier…

D’ici là, « Faites des bêtises, mais faites-les avec enthousiasme… » - Colette

B & L.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>