« Cannes » cela ne tienne! Le (premier) Papelard de fin de saison… Enfin.

On 14 novembre 2012 by Louis
La petite suggestion du jour, pendant votre lecture, ce sera d’écouter ceci: 01 Maybe a Little Drunk – Mayra & Mr Mow. Déjà, parce que c’est le groupe de mon cousin, ensuite parce que c’est du (très) bon son, et puis aussi parce que ce serait pas mal d’aller leur filer la patte en allant télécharger leurs albums sur l’Itunes Store ICI, où aller jeter un coup d’oeil sur leur page Youtube  LA. Leur teasers pour le nouvel album « Songs for Orpheus » sont au poil… Have Fun!

Hop, c’est parti !

Objectif de ce(s) papier(s) : Vous sortir aussi un peu du Vendée Globe qui est parti ce week-end. C’est vrai, quoi, même si cette course est somptueuse, pas possible d’ouvrir le moindre navigateur internet sans entendre parler du lyophal et des cassoulets que vont manger les marins pendant trois mois, ce qui va le plus leur manquer, que Gery Roufs nous a quitté il y a quatre ans, et que Mich Dej’ y retourne pour défendre son titre, Quand ce n’est pas le parcours à l’envers expliqué par la presse, j’en passe et des meilleures…

Bon. Ok. Alors nous, ici, bé l’heure est à la rédaction d’un papier relatant notre fin de saison à bord de Mariska, le magnifique 15 Mètre de Jauge Internationale, que si vous suivez un tantinet soit peu ce blog, vous savez de quoi ça cause… Du retard, oui, nous en avons. Des excuses aussi.

On va y aller franco, pas facile de raconter la chose, ici chez Gréement Courant… De la déception, de l’amertume, une authentique impression d’inachevé…  Les Régates Royales et les Voiles de Saint Tropez nous laissent, comment dire, un petit goût amer dans la bouche…Des articles comme celui que vous allez lire (le suivant aussi, peut être…), je n’en aurai pas pondu beaucoup depuis l’ouverture de ce blog en Décembre 2010. Tellement pas que celui-ci, je vais me le faire « pour ma gueule » (que l’on dit très grande, d’ailleurs), en évitant prestement d’impliquer Bill, qui est au METS à se les peler au pays du Gouda, à moins que le mérite ne s’y fasse sentir. Et puis on va le décomposer, ce papier, parce qu’il risque d’être un peu longuet… Alors prenez déjà un peu d’avance avec la première partie, ça cause de Cannes, et de ses Régates Royales

 Commençons aussi par un petit bilan « overall », si vous le voulez bien. Et force est de constater que la saison « Bateau en bois d’arbre » n’est pas si mauvaise que cela. Une jolie première place à Ajaccio (ICI), en CIM (c’est à dire pas en classe 15Mètres, mais en temps compensé), troisième à Cadix (), pour la première manche du championnat officiel, pas de Mahon pour cause de météo capricieuse, une belle victoire à Impéria (PAR LÀ), qui nous remet dans le match avant d’attaquer les Régates Royales à Cannes, cinquième, sorte de partie d’entraînement et de team building avant le sprint final, Les Voiles de Saint Tropez, où tout se joue pour le Royal Clyde Yacht Club Trophy . Une très vilaine troisième place, laissant échapper la victoire annuelle à The Lady Anne, qui fête là dignement son centenaire… Classement Final: 1-The Lady Anne, 2-Mariska, 3-Tuiga, 4-Hispania. L’impression d’avoir « perdu », plutôt que de « s’être fait battre par meilleur que nous »… Frustrant, détestable même…

Cannes, Régates Royales : Charter de Luxe ou team-building progressiste?

La petite dizaine de jours de repos entre notre jolie victoire en Ligurie et Cannes fait du bien. C’est donc frais et dispos que nous arrivons aux Régates Royales, avec pour objectifs affichés du propriétaire : Valider des choix de voiles, essayer de nouveaux réglages de mât, « et si on peut aller boire quelques verres ensemble, ça ne gâchera rien à la fête ».

-« Ok Christian, et niveau résultats, on va chercher quoi là?

- On va chercher que l’objectif est d’être prêt pour Saint Tropez. Point. On ne casse rien, on valide nos choix, on profite d’avoir Phil à la barre pour se caler, et on va boire des « Uiskys », et pas de la bière, la bière, c’est pour les pédés d’ vilains anglais. »

C’est posé, donc. Et puis faut dire ce qui est, en courant dans la catégorie Big Boats, à moins d’une météo particulièrement favorable à Mariska (faible à mou, secteur dominant variable), les chances de l’emporter sont maigres… D’autant plus que les ténors sont là : Nous serons le plus petit bateau de la flotte, et au jeux des longueurs à la flottaison qui allongent sur des parcours saucisse-lentilles (comprendre : travers/reaching) nous ne serons pas du tout à notre avantage… Pour l’occasion, nous récupérons le grand Phil Durr à la barre, l’équipage de pros habituel, et quelques « invités » – ou devrais-je dire « clients»?…

Première manche, c’est mou… presque jusqu’au bout. Alors nous mettons une avoinée à la flotte. Mais alors une belle, hein. L’équivalent d’un demi parcours. Super départ, tricotage au poil sur le premier bord, bon passage de la phase de transition, et zou, notre spi A1, dans les petits airs, pour s’échapper sur la flotte… A la dernière marque avant l’arrivée, nous comptons plus de 17’ d’avance sur Moonbeam IV, notre poursuivant direct. Et là… La pression rentre d’Ouest, alors que nous étions dans de l’Est. Fort. Pour 15-20knts. Bien sûr, elle rentre du coté de nos poursuivants, qui finissent le parcours avec, et reviennent sur nous comme des bêtes ! Alors oui, nous gagnons cette manche en réel, devant les deux Class J, même, mais alors en temps compensé… Troisièmes! Le retour de Mariquita et de Moonbeam IV, ça pique… Le reste de la semaine, nous appliquerons les consignes. Totone passera le plus clair de son temps à tâcher de redonner 1° voire 1,5° de quête au mât, David quant à lui s’évertuera à nous trouver les bonnes combinaisons de voiles (que nous validerons d’ailleurs, on y revient…), et nous ne prendrons pas le départ de la manche 4 pour préserver le bateau. 20 knts posés sur la ligne, et ça montera jusqu’à 37knts devant l’Esterel. Sage… Dans le médium du reste de la semaine, face aux mastodontes que sont les Thendara, Moonbeam III, Moonbeam IV et autre Mariquita - Le classement final, donc - ça se confirme, dur-dur de sauver notre rating… Alors cinquièmes, en biffant un DNC.

A bord de Mariska, nous avons la chance de pouvoir profiter de deux types très différents au poste de barreur. Il y a Phil Durr, l’homme le plus titré au monde en classes métriques (si, si, mieux que Paul CayardTom Blackaller), et Edouard Kessi, cv nautique lacustre long comme un jour sans pain… Cette année, pour des questions d’organisation et de planning me semble-t-il, c’est Edouard qui officiera lors des épreuves « Fifteen only ». Phil, quant à lui, sera présent à Mahon (malheureusement annulé pour nous à cause d’une fenêtre météo compliquée pour remonter le bateau à Impéria), et donc, à Cannes…

Phil, c’est la force tranquille… Le mec qui a de l’or dans les mains, avec qui j’ai toujours eu (et j’aurai toujours, je l’espère) un plaisir de malade à naviguer. Champion du Monde en 12MJI, double Champion du Monde en 8MJI, double Champion du Monde en 6MJI, Champion du Monde en 5.5JI… Bref, le gars qui sait de quoi ça cause. Faire l’avant pour ce type en Twelve, c’est déjà un peu comme essayer de résoudre l’éternel problème des vases communicants avec un prix Nobel de mathématiques pour te filer la patte… Alors quand on officie à la tactique en Fifteen…

 Le fameux « Coup de Jarnac » malhabile.

(Source Wikipedia): « Un coup de Jarnac est un coup violent, habile et imprévu. Il a pris une connotation de coup déloyal ou pernicieux, qui n’existait pas à l’origine. Dans son sens premier et d’escrime, il s’agit d’un coup à l’arrière du genou ou de la cuisse, rendu célèbre par Guy Chabot de Jarnac, qui le porta lors d’un duel en 1547. » - Pour les incultes, plus d’infos: ICI - Un peu de culture n’a jamais fait de mal à personne…

A la fin des Royales, Phil organise une petite réunion pros + staff + proprio, commençant son laïus par «  A partir de quel salaire estimez-vous que l’on soit un professionnel à bord ? », sous entendu « Combien faudrait-il vous payer pour que vous fassiez votre job? ». Ça aussi, pour un début de débriefing, ça pique… Et pis j’aime pas, moi, quand on parle d’argent devant tout le monde. Les tenants de la réunion: Il parait que nous nous la collons jusqu’à 3h du matin tous les soirs (Ah?), les défauts de chacun à bord (j’ai personnellement du bol, je suis l’un de ceux qui a le moins reçu), sanglant de chez sanglant pour certains, (Totone à cru qu’il perdait là un ami de quinze ans!) sans pour autant apporter une once de solution. Les défauts du propriétaire (si, si, je vous assure!), à qui il reproche publiquement, donc, d’emmener son équipage en vadrouille le soir pour boire des « Uiskys » (ce qui est faux, c’est ensemble, avec lui, et en équipe que nous partageons ces moments…), mais aussi le fait que nous, professionnels de la régate, ne nous occupions pas bien des « invités » à bord… Même si j’ai usé de mon droit de réponse à la fin de cette réunion, y’a des trucs qu’avec un peu de recul, je ne peux pas laisser passer :

1- Nous sommes des professionnels de la Régate. Pas du charter,donc, même si l’un n’est pas moins méritant que l’autre. Mariska, selon les souhaits du propriétaire, est un bateau de régate. Ce dernier le dit lui même: « A bord de Mariska, il n’y a que des équipiers ». En ce sens, nous sommes mandatés en tant que « gens d’expérience » pour faire marcher le bateau en course. Laurence, Ben et Baptisme, au delà d’être de fort bons régatiers, s’occupent admirablement de l’entretien de la machine, des convoyages, des quelques jours de croisière familiale annuels. En course, Christian se fend de 10 gars & filles pour aider à la performance du canote. Il est évident que lorsqu’il faut 20 personnes pour faire avancer la bête, Phil et Edouard se donnent aussi un mal de chien à trouver des équipiers plus que valables, je pense ici à toutes les âmes de super bonne volonté, qui prennent sur leurs temps de vacances… Merci à eux pour leur efficacité, leurs compétences, leur disponibilité, et leur gentillesse. Sans eux, ce serait vachement moins facile, ne serait-ce que de faire aller le canote dans le bon sens ;-). Alors c’est vrai que j’imagine volontiers que, en vrai gamin gâté, j’ai du mal à accepter le constat net d’une régression flagrante à bord. Que l’on revienne sur tant de boulot, de progrès mis en place depuis maintenant plus de deux ans, et qui fonctionnent! Je le dis ici: Ce n’est pas la faute des pros du bord, loin s’en faut.

2- Dans ma carrière de « professionniste » (non pas qu’il soit exceptionnel, mais je tiens mon CV nautique à disposition de qui voudrait y jeter un œil, histoire de poser un peu les bases de ce qui suit), JAMAIS je n’ai entendu un barreur de course, un équipier payé (ou pas, d’ailleurs), quels que soit son palmarès et ses faits d’armes, faire la leçon PUBLIQUEMENT au propriétaire d’un navire sur ses propres choix. Christian et l’équipe vont boire un verre le soir? Je vais boire un verre avec eux, c’est sûr, je ne suis pas le dernier, et j’y prends même du plaisir. C’est aussi ce qui forge un groupe digne de ce nom.  Christian décide de l’attitude à tenir sur une semaine de régate, d’objectifs à réaliser? Je me conforte de mon mieux à ses exigences, point. Le seul à qui je rends des comptes, c’est lui. Alors m’entendre dire que je ne suis pas un bon pro pour ces raisons futiles, ça me fout en rogne, je le prends pour moi, et je me mets à la place de mes semblables à bord, qui eux aussi, donnent le meilleur.

S’il n’y a effectivement pas mieux pour essayer de faire imploser une équipe soudée qui a une confiance aveugle en Phil depuis bien des années et qui tient la route depuis 3 ans la veille du dernier « big évent », ce briefing aura effectivement servi semble-t-il à épurer la liste « d’équipiers », donc, et qu’à mon humble avis, les convives politiques ne seront plus de bon ton à bord. D’autre part, mais cela n’engage que moi, j’ai tellement de respect pour Phil que je n’arrive pas à croire que ces réflexions soient venues de lui. N’aurait-il servi que de haut-parleur à un vieil ampli sur le déclin?

Nous quittons donc Cannes les épaules en dedans (cinquièmes, ça faisait un baille!), persuadés cependant que rien ne peut affecter le groupe avant la grande kermesse de Saint-Tropez. De toute façon, le Royal Clyde Yacht Club Trophy, il est pour nous, et pour personne d’autre…

Du bon, un peu, aussi, à Cannes…

Ça, c’est fait. Passons aux bonnes choses. Un coup de chapeau, alors. Le bon Jérôme Nutte, PRO (Principal Race Officer, pour les quiches) à Cannes cette année… Et bien figurez-vous que notre copain Jérôme est en train de remettre en place ce qui avait fait la réputation de ces Royales: Un rond de course exclusivement réservés aux Métriques. Sans Jean Pierre Odéro, et l’impulsion qu’il a su donner aux 6MJI, 8MJI et 12MJI, les Régates Royales ne seraient pas ce qu’elles sont devenues. Alors Jérôme, bah il a pris les choses en main. Nous avons pu voir l’ébauche d’un avis de course pour 2013, et de constater qu’il va en ravir plus d’un: Non seulement un vrai rond « Métriques », auquel viendraient s’ajouter les 15 Mètres, mais en plus présidé par lui. Alors à nous le souvenir des « micro-bananes » de 0.5 Mile dans 20knts d’air qu’il nous posait pour les entraînements aux Championnats d’Europe et du Monde en Twelve (Bill, soutier, était le seul à ne pas bronzer de toute la régate…), à nous de vrais parcours mouillés dans l’axe, et le plaisir de revenir à ce pourquoi ces bateaux ont été faits: « Around the Cans »! Du coup, il semble logique maintenant d’intégrer Les Royales au Championnat annuel des « Fifteens »… Môôôsieur le PRO, merci, nous avons hâte d’y être!

L’hospitalité légendaire de Moonbeam III… Non contents d’avoir toujours un peu de mazout en stock, Erwan, Soize, Jérome, Merlin et Michel-Michel ont toujours une bannette de rabe où un bout du pont pour un écossais perdu tard le soir… La petite phrase de ces régates, donc :

- »Savez-vous ou l’on trouve un Poulpe tard le matin?

- Mais là ou vous l’avez laissé la veille, pardi! »

Moi, j’dis ça…

Stay tuned pour la suite de notre fin de saison, le retour du Dyn-Hammac®, de la vidéo qui envoie du lourd, des images, des liens, tout ça… Nous avons repris du poil de la bestiole, et ça va se savoir!

D’ici là, vous connaissez la musique: Soyez bien bien prudents, mais alors surtout pas trop…

L.

2 Responses to “« Cannes » cela ne tienne! Le (premier) Papelard de fin de saison… Enfin.”

  • C’était trop bon, dommage que ce soit déjà fini, à quand le prochain sujet…..? Sur la cérémonie du PYTA 2012 au salon Nautique de Paris, par ex ou dur le projet article à paraître dans Série limitée, le 14 12 sur thé classe: les 15 m JI of course….. Ses you le 7 décembre au Nautic….biz et congratulation , comme ils disent nos copains britons. Benoit

    • Bien sûr Benoit! Tu voudrais que l’on ponde un papier sur le prix que nous n’avons pas gagné l’an passé pour un défaut de « coefficient d’authenticité » alors que, de la flotte, Mariska est le bateau qui à gardé le plus de ses bordées d’origine? Si ce n’est le plomb du bulbe qui vient d’Alinghi (parce que l’original fut vendu en 1939pour fabriquer des pétards, un truc comme ça…), il me semble que tu prends des risques, là…
      On en parle au salon avec plaisir, hâte de voir l’article sur les 15 Mètre… Il a intérêt à être carré, cet article, ce dont je ne doute pas!
      Amitiés,
      L.

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